Entretien et rénovation du patrimoine cultuel du XIe arrondissement

En vertu de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, la Ville de Paris est propriétaire d’un important patrimoine cultuel constitué de 96 édifices – dont une dizaine dans le XIe arrondissement – et au sein de ce patrimoine sont conservés 130 orgues et environ 40.000 œuvres d’art inventoriées, également propriétés municipales.

A ce titre, la Ville a la charge d’entretenir et de restaurer ces édifices et ces œuvres dont elle est directement responsable.

Les édifices cultuels appartenant à la Ville de Paris sont nécessairement les plus anciens puisqu’ils sont, dans leur grande majorité, antérieurs à 1905 et leur datation peut remonter jusqu’au douzième siècle.

Cet ensemble d’édifices, de décors, d’œuvres d’art sont autant de jalons emblématiques de l’histoire de l’art, de l’architecture et de l’urbanisme de Paris.

Ce patrimoine inestimable et prestigieux demeure fragile, et requiert une attention permanente.

Dans la préface qu’il a rédigée pour l’ouvrage intitulé « Peintures d’Eglises à Paris au dix-huitième siècle » (2002), Bertrand Delanoë précisait « Parce qu’il est une des composantes de la mémoire collective de notre Cité, la mairie de Paris a un devoir à l’égard de ce patrimoine, celui de le conserver, de le restaurer et de le mettre en valeur. »

Une grande organisation non-gouvernementale internationale, le World Monument Fund ne cesse de dénoncer l’état très préoccupant de certains édifices cultuels parisiens.

Les budgets affectés à la restauration des édifices religieux ont nettement baissé entre la première mandature de Bertrand Delanoë et la seconde (15 millions d’euros par an, puis 10 millions par an), et certains travaux ne font que pallier les risques immédiats sans envisager de solution pérenne.

La situation de nombreux édifices parisiens est « inquiétante » ; c’est le cas de l’Eglise Saint Ambroise dans le XIe arrondissement qui, au-delà des dégradations matérielles, présente des risques pour les personnes : circuit électrique vétuste, infiltrations provoquant des chutes de pierres à l’intérieur et hors de l’édifice, pas de rampes pour faciliter l’accès des personnes âgées et handicapées, mosaïques au sol dégradées pouvant provoquer des chutes…

La situation de cette église n’est qu’un cas parmi d’autres dans l’arrondissement, alors que certains de ces édifices sont classés « monuments historiques ».

Ces lieux chargés d’histoire reçoivent des millions de visiteurs chaque année et participent ainsi au rayonnement culturel et économique de la capitale.

Parmi ses promesses électorales, la Maire de Paris a déclaré s’engager « à amplifier la restauration de notre patrimoine civil et religieux, symbole de notre histoire et de notre mémoire ».

Considérons les contours du « plan églises » promis par Madame Anne Hidalgo dans son programme de campagne, « pour que des églises de la capitale soient restaurées de manière optimale ».

La Ville de Paris dispose des ressources financières suffisantes pour entretenir son patrimoine.

 

Sur proposition de Mme Nicole SPINNEWEBER, les élus du groupe d’Union de la droite et du centre ont demandé que, à l’occasion de la présentation du budget primitif 2015 de la collectivité parisienne, le Maire du XIe arrondissement demande à la Maire de Paris de s’engager à :

1/ inscrire dans le plan pluriannuel d’investissement pour Paris (2015-2020) un « Plan Patrimoine Cultuel » à la hauteur de la situation des édifices du XIe arrondissement, comportant :

  • les crédits d’investissement nécessaires à une remise en état de l’ensemble des édifices cultuels, des orgues et des œuvres d’art concernés par une restauration,
  • la programmation d’un ensemble d’opérations de grande ampleur, destinées à restaurer dans des délais resserrés les édifices les plus menacés,
  • la définition d’une nouvelle dotation de travaux urgents adaptée aux opérations prioritaires ;

2/ mandater la direction des affaires culturelles aux fins d’initier une souscription publique et un appel à mécénat de compétences, pour financer tout ou partie des opérations de restauration pour ces édifices cultuels et leurs œuvres dans le cadre d’un cofinancement public-privé 1 euro pour 1 euro ; ce afin d’accélérer les projets de restauration et d’impliquer le plus grand nombre de parisiennes et de parisiens à la valorisation de notre patrimoine commun.