Construction de pistes cyclables le long du boulevard Voltaire respectueuse du cadre de vie, du développement économique et des deniers publics.

Il est important de développer un réseau continu de pistes cyclables sécurisées à Paris. Il est important de garder sa fluidité au boulevard Voltaire. Il est urgent de sécuriser les trajets des piétons sur les trottoirs de ce boulevard. Un projet de pistes cyclables sur le boulevard Voltaire a été présenté par la mairie le 10 février 2016.

Ce projet consiste à (cf schéma joint) :

  • remplacer les actuelles places de stationnement de part et d’autre du boulevard par des pistes cyclables très larges (3 mètres) où les vélos ne rouleront que dans un seul sens,
  • déporter les actuelles places de stationnement vers le centre de la voirie,
  • restreindre les files de circulation à 2 voies très resserrées de 3 mètres chacune.

Les élus de la droite et du centre soutiennent vigoureusement la réalisation de pistes cyclables dans le 11ème, en témoigne leur vote du « plan vélo » présenté au conseil du 2 avril 2015, mais le projet présenté par la mairie comporte un risque certain d’obstruction du boulevard Voltaire :

  • la restriction à deux voies serrées, sans possibilité de doubler en cas de trafic moyen dans l’autre sens, va totalement bouchonner le boulevard. Remonter le boulevard Voltaire de la Nation à République à la vitesse d’un camion poubelle, avec des immobilisations à chaque fois qu’un automobiliste voudra se garer ou sortir de sa place, voilà une aventure que l’on ne souhaiterait à personne. C’est pourtant le risque du projet de la mairie du 11ème.
  • certains arrêts de bus sont laissés en vis-à-vis de chaque côté du boulevard, comme au croisement avec la rue Amelot. Même en cas de trafic fluide, cela conduira à un blocage total du boulevard en cas d’arrêt simultané de deux bus.
  • la RATP demande au moins 6m50 de large alors que le projet ne propose que 6m : le gabarit des bus fait courir des risques d’accidents aux deux roues tentés de se faufiler entre les voies.

Considérant que cet embouteillage du boulevard pourrait avoir des conséquences très négatives :

  • augmentation du bruit et de la pollution sur le boulevard,
  • diminution de l’attractivité pour les commerces, très nombreux sur le boulevard :
    • les véhicules de livraison auront l’impossibilité de se garer en double-file (sauf à boucher totalement le boulevard, ce que certains oseront…). Lorsqu’ils ne trouveront pas de place ils ne pourront tout simplement pas livrer leur marchandise.
    • les clients venant en voiture de loin ou pour acheter des objets lourds privilégieront d’autres commerces situés dans des zones plus accessibles.
  • difficulté accrue pour remplacer les commerces de textiles de gros – qui quittent actuellement le boulevard – par des commerces apportant une offre de qualité au quartier,
  • tentation de supprimer davantage de places de stationnement pour les remplacer par des places de livraison,

Des expériences malheureuses ont été conduites par la mairie de Paris, par exemple sur les boulevards Magenta, Saint-Marcel ou Montparnasse, ou des aménagements urbains ont conduit à embouteiller et polluer leur quartier, tout en les rendant parmi les plus accidentogènes de Paris.

Les ‘comités vélos’ et la concertation internet de fin 2014 ont permis uniquement de choisir les axes cyclables à aménager, mais en aucun cas à en définir le contenu, que la réunion qui s’est tenue en mairie le 10 février 2016 a surtout été l’occasion de présenter le projet retenu et les variantes rejetées par la mairie, et donc que la concertation avec les habitants et les commerçants sur le détail du projet reste à construire.

Le coût annoncé pour ce projet est particulièrement élevé (4,5 millions d’euros), notamment du fait de la nécessité de désamianter une partie des chaussées du boulevard Voltaire.

La mise aux « normes pompier » d’une voie n’est obligatoire que si on y engage des travaux, et le fait de ne pas toucher à l’une moitié du boulevard évite cette dépense.

Sur une piste cyclable large de 3m il est possible d’installer deux pistes cyclables, chacune dans un sens (la largeur des pistes unidirectionnelles classiques est de 1m40) sans que cela ne gêne le doublement des vélos, la visibilité étant suffisante sur le boulevard Voltaire rectiligne.

Il serait dommage d’abîmer irrémédiablement la qualité de vie d’un boulevard du 11ème aujourd’hui large et fluide.

Sur proposition de Jacques Lefort, les élus du groupe d’Union de la droite et du centre ont demandé :

  • que l’aménagement de la piste cyclable n’ait lieu que d’un côté du boulevard où la piste de 3m de largeur prévue serait rendue bidirectionnelle, selon le schéma ci-après et la photo ci-contre,

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  • que les habitants et commerçants soient associés dans de véritables séances de travail avec les services techniques et les élus de la ville pour définir notamment :
    • le côté du boulevard où la piste cyclable serait réalisée, cette position pouvant varier par tronçon entre deux carrefours majeurs,
    • l’aménagement de la piste dans ses zones de rétrécissement, au droit des passages piétons par exemple, où de toutes les façons les vélos doivent être amenés à ralentir,
    • le déplacement des arrêts de bus, en évitant qu’ils soient situés en vis-à-vis de part et d’autre du boulevard, car deux bus arrêtés simultanément rendent leur dépassement dangereux du fait de leur gabarit,
    • le traitement des interactions entre vélos et piétons, de façon notamment à protéger les personnes âgées de la vitesse des vélos.

Cette solution aurait un quadruple avantage :

  • elle maintiendrait la fluidité du boulevard, baissant son volume sonore et son niveau de pollution, et laisserait à la RATP la largeur requise pour le croisement de ses bus en sécurité,
  • elle éviterait la moitié de la gêne des travaux, qu’il s’agisse de la perte d’activité pour les commerçants du boulevard, ou des nuisances sonores pour les riverains,
  • elle diviserait par deux les risques d’accidents vélos/piétons puisqu’il y aurait une piste au lieu de deux. Les personnes craignant les vélos pourraient emprunter le trottoir d’en face,
  • elle ferait économiser plus de 2 millions d’euros en évitant la moitié des travaux prévus sur la totalité du linéaire. Cette somme déjà budgétée pourrait être affectée à la construction de crèches, ou au renforcement des moyens de propreté du quartier par exemple.

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