Protégeons nos abeilles

L’élevage des abeilles en milieu urbain s’est développé dans de nombreuses grandes villes à travers le monde. Paris n’a pas été en reste avec la multiplication des ruches privées. Si cette pratique écologique est utile à la sauvegarde de cet insecte pollinisateur, elle doit néanmoins être raisonnée et obéir à certaines règles, pour le bien des habitants et de l’espèce protégée.

 

 

Conseil du 11ème arrondissement de Paris

Séance du 4 novembre 2019

 Vœu visant à

à protéger les abeilles grâce à un développement raisonné des ruches à Paris

 

Le Conseil du 11ème arrondissement,

Considérant l’inquiétude suscitée notamment par le taux de mortalité élevé des abeilles, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) a lancé en décembre 2005 sous l’appellation « Abeille, sentinelle de l’environnement », un programme national de sensibilisation et d’information pour la sauvegarde de l’abeille, et plus largement de tous les insectes pollinisateurs, programme visant plus largement la protection de la biodiversité ;

Considérant que la Ville de Paris, initiatrice d’un plan « ruches et pollinisateurs 2016-2020 » encourage fortement l’installation de ruches, privées notamment ;

Considérant que le nombre important de ruches installées à Paris, qu’elles soient situées sur les balcons particuliers, ou dans les jardins publics, s’élève à 700 selon la Ville de Paris en 2016, le chiffre 1 000 étant régulièrement évoqué actuellement, soit une densité de 10 ruches par km² ;

Considérant que dans une tribune publiée en août 2013 dans la revue The Biologist, deux chercheurs de l’université du Sussex jugeaient excessive la multiplication des ruches londoniennes, dont le nombre est passé de 1.677 en 2008 à 3.745 en 2013. Avec une densité de 10 ruches/km2, les rendements en miel sont en forte décroissance à Londres, signe que les abeilles domestiques y ont désormais du mal à se sustenter ;

Considérant que d’autres villes, comme Montréal ou Bruxelles, commencent également à s’inquiéter des conséquences du développement du nombre de ruches privées face à des ressources en nectar et pollen limitées ;

Considérant que de nombreux scientifiques affirment que les ruches urbaines participent à l’expansion des abeilles domestiques et représentent à terme un danger pour les abeilles sauvages, pourtant pilier de la biodiversité, ce débat restant toutefois ouvert puisque l’UNAF conteste ce risque de compétition entre les différents polinisateurs ;

Considérant que des faits de présence d’abeilles à des niveaux jamais constatés ont été signalés aux élus Les Républicains dans certaines pâtisseries du 11ème arrondissement (par exemple autour du square de la Roquette), « des centaines d’abeilles » effrayant les familles avec de jeunes enfants, ainsi que les employés qui ont subi des piqures ;

Considérant que ces faits sont sans doute révélateurs d’un manque de pollen disponible, situation aggravée par un été particulièrement chaud et sec, et a priori aussi par une prolifération non contrôlée de ruches chez les particuliers ;

Considérant la difficulté de repérer ces ruches privées lorsqu’elles ne sont pas déclarées ;

Sur proposition de Nicole Spinneweber, rapporteur,

et des élus du groupe d’Union de la droite et du centre,

émet le vœu :

  • Qu’un bilan du plan « ruches et pollinisateurs 2016-2020 » soit présenté :
    • nombre de ruches installées et localisation,
    • accroissement par végétalisation des ressources en nectar et pollen;
  • Que l’inventaire des ruches installées dans le 11ème arrondissement et alentours soit réalisé rapidement afin de prendre conscience de l’inadéquation constatée entre leur nombre et les ressources végétales (l’obtention de ces informations étant possible grâce aux obligations de déclaration des ruches : initialement auprès de la direction départementale de la protection des populations de la Préfecture de Police, puis annuellement auprès du ministère de l’agriculture), sachant qu’une quantité certaine de ruches ne sont pas déclarées ;
  • Que cette cartographie soit rendue publique, à titre pédagogique, et qu’une communication soit faite auprès des parisiens afin de ne pas les inciter à installer de ruches chez eux, dans les zones déjà pourvues, et cela pour le bien des abeilles elles-mêmes.

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